Questions récurrentes

Comment êtes-vous entré dans le monde de l’écriture ?

Totalement par hasard ! En juillet 2002, mes enfants étaient en vacances et dès le début, je les voyais tourner en rond. J’ai proposé à l’un de mes fils âgés de treize ans à l’époque de rédiger chaque jour pendant une à deux heures quelques paragraphes d’une histoire que je ne voulais pas forcément longue au départ. Très enthousiastes, nous nous sommes tout de suite installés devant l’ordinateur. C’était le 11 juillet 2002. D’un commun accord, nous sommes partis sur l’idée d’un roman policier. Mon fils a tenu quatre heures ; moi, je n’ai jamais cessé d’écrire depuis ce jour-là .

L’écriture est-elle pour vous une sorte de prédisposition ? une nécessité ?

Beaucoup pensent qu’à cause de ma profession, il s’agirait d’un besoin d’exorciser ce à quoi, nous gendarmes, sommes quotidiennement confrontés. Il n’en est rien. Pour moi, le fait d’écrire ne correspond absolument pas à une nécessité… extérieure en tous cas, car intérieurement cela est peut-être un peu différent. Un bon psychanalyste arriverait peut-être à me faire dire qu’il s’agit sans doute d’une vengeance… d’une frustration d’adolescent. Possible. Il est vrai qu’à l’époque, je voulais suivre un cursus scolaire littéraire mais une erreur d’orientation en classe de 4ème m’a complètement fermé les portes de cette voie (je n’avais pas pris de 2ème langue étrangère, préférant apprendre à fond l’anglais).
Et puis, en classe de seconde, il y a eu cette malheureuse remarque d’un prof de français sur l’une de mes dissertations (j’étais pourtant persuadé d’avoir rendu un excellent devoir) : « Style trop lourd et difficile à comprendre… » En plus, je m’étais pris  une très mauvaise note, un 6 ou 7/20.

Quant à savoir s’il s’agit d’une prédisposition, j’aurais plus tendance à le croire. Comme d’autres romanciers, je pourrais en être un exemple puisque je n’ai jamais fait d’études littéraires…

Comment vous vient l’idée d’un livre ? Avez-vous des sources d’inspiration ?

Une idée qui traverse l’esprit à la vitesse d’un flash, une rapide analyse sur le côté plausible d’une trame qui s’y rapporte et si c’est le cas, hop, quelques mots griffonnés sur un bout de papier que je classe sous mon sous-main. Quand vient l’heure de l’écrire, je ressors le petit bout de papier…

L’actualité est un excellent vivier pour l’inspiration. Le roman que j’écris actuellement a vu le jour dans mon esprit « grâce » aux violences urbaines de ces dernières années.

Comment bâtissez-vous vos histoires ? Quelle est votre méthode de travail ?

J’ai toujours beaucoup de difficultés à répondre à cette question car la vérité (que je trouve prétentieuse, mais c’est comme ça, je n’y peux rien) est que je ne construis pas mes histoires ! Je ne fais jamais de plans ! Je n’ai aucune méthode de travail. Je n’ai qu’une obsession : lutter contre les anachronismes et les incohérences. Où est la difficulté d’écrire des histoires dont les fils conducteurs sont irréalistes ou complètement loufoques ? Quel est l’intérêt de faire progresser un lecteur dans un scénario tellement tiré par les cheveux que cela en devient risible ? Pour moi, tout écrit, tout récit doit être perçu par le lecteur comme concret, plausible, réaliste… quelque chose qui peut lui arriver demain. Il n’y a que comme ça que le lecteur peut adhérer à une histoire, parce que cela peut être réel !

En fait, lorsque j’écris, le seul plan que je possède est mon idée de départ. Je sais comment tout commence et comment tout finit (ce qui n’est déjà pas si mal). Entre ces deux extrémités, je n’écris que par improvisation ; j’appelle cela une écriture instinctive. Pour m’y aider, j’imagine être devant un grand écran de cinéma et, au fur et à mesure, j’écris la scène qui, logiquement, devrait succéder à l’autre.

Comment faites-vous pour « contraindre » vos lecteurs à ne jamais lâcher vos romans jusqu’au dénouement ?

Chut, secret de fabrication ! Tout ce que je peux vous dire est que j’adopte effectivement une technique bien précise aux multiples critères qui, en interaction, crée chez le lecteur la nécessité de vouloir toujours aller plus loin dans le livre, bien souvent jusque très tard dans la nuit,… jusqu’à la dernière ligne !

Vous-même, lisez-vous et quel(s) genre(s) ?

Je lis beaucoup ce que j’écris… pour les corrections ! Plus sérieusement, je n’ai jamais été un grand lecteur. Sauf durant mon adolescence où j’ai dévoré pratiquement toute la série des SAS. C’était le bon temps. Le problème est que maintenant je n’ai plus beaucoup de temps pour cela. Entre ma profession, la famille et l’écriture, mes moments de loisirs ne sont pas légion. Je ne dors que 5 à 6 heures par nuit mais, heureusement, peu d’heures de sommeil m’ont toujours suffi.

Beaucoup de lecteurs disent de vos livres qu’ils feraient d’excellents films. Comment l’expliquez-vous ?

Peut-être justement parce que je les écris comme si je regardais un film à la télé ou au cinéma… Cela doit se ressentir au final.

Avez-vous un endroit de prédilection pour écrire ? Vous faut-il le silence, de la musique ?

J’aime me retrouver dans le bureau de mon domicile familial. Je m’y sens bien. Peut-être s’agit-il d’un attachement purement matériel puisque c’est à cet endroit que j’ai écrit mes premières lignes avec l’un de mes fils. Sinon, n’importe quel endroit me convient. Ainsi, ai-je déjà écrit dans une salle de cinéma ou de concert, dans un restaurant, à la plage, en voiture, en salle d’attente. Je n’éprouve absolument aucun besoin de silence. Au contraire même puisque j’écris toujours en musique. Musique que j’associe à tout ce que j’écris. Métal, hard-rock, pour une scène violente, de bagarre ou de course poursuite ; certaines chansons de Brel ou des musiques lancinantes pour les scènes tristes ; de la techno lorsqu’il y a de la tension. Quelques fois, je recherche une musicalité particulière dans certains airs pour créer des passages angoissants. C’est ainsi que j’ai jeté mon dévolu sur « le lac des cygnes » ou encore sur « wake up » du groupe « System of a down » pour accompagner deux de mes personnages dans leurs séries de meurtres.

Etes-vous ordinateur ou papier ?

Ordinateur, voyons ! Soyons modernes ! Mais le carnet à spirale m’est indispensable car mon ordinateur a beau être portable, je ne peux quand même pas l’emporter partout !

Vous avez remporté différents Prix Littéraires. Comment expliquez-vous votre succès ?

Je le dois tout d’abord à mon éditeur sans lequel mes bouquins n’auraient jamais vu le jour. Evident me direz-vous, mais le succès est quelque chose de frustrant car il ne peut concerner que ceux qui ont eu la chance d’être publié. Combien d’écrivains talentueux sont méconnus de tous parce qu’aucun éditeur ne leur donne leur chance ?

Cela étant dit, mes romans connaissent ce succès parce que la frontière entre la fiction et la réalité dans mes histoires est quasi inexistante. Je m’efforce de rendre n’importe quel détail plausible. Tout possède une explication logique et cartésienne, il suffit juste de « jouer » avec avant d’offrir la solution au lecteur. Je ne laisse rien à l’approximation. Dans mes bouquins, le moindre détail trouve son importance et s’explique ! C’est cet aspect de mes histoires qui fait que les lecteurs ont toujours l’impression d’être au beau milieu des personnages comme s’ils faisaient partie de l’enquête. Le lecteur entre dans mes livres et n’en ressort qu’au mot FIN. J’en veux pour preuve le fait qu’une personne m’a un jour demandé ce qu’était devenu l’un des personnages (?!)

Quelle est votre plus grande fierté ?

Grâce à l’écriture, je connais deux fiertés :

La première est d’avoir été informé que certaines personnes (dont des adolescents) avaient repris goût à la lecture grâce à mes romans. J’ai aussi appris que d’autres lecteurs s’étaient mis à apprécier les polars grâce à mes histoires ! Vous comprendrez donc que j’en tire une certaine fierté.

La seconde est de prouver qu’il n’est pas nécessaire d’être anglo-saxon pour offrir des romans de qualité au lectorat français ! A mon goût, trop d’importance, voire de priorités, sont accordées à certains auteurs américains ou anglais au détriment de romanciers français qui, reconnaissons-le, n’ont franchement rien à leur envier !